samedi 17 janvier 2026

 Avril 2025 UN PERIPLE DANS LES BALKANS DE L'EST

Après un long voyage en voiture de Pontivv à Budapest (2 jours), nous partons le lendemain matin en direction de Baja. Je dis "on" parce qu'on va voyager en duo et, cette fois, avec deux vélos à assistance électrique, chacun avec deux batteries.

Pour une entrée en matière, on va faire fort : 170 km, plus ou moins le long du Danube et la vingt derniers kilomètres sur l'Eurovélo6...où j'ai déjà roulé en 2012. Notre virée va nous faire passer par la Serbie, via Belgrade et Nis, puis par la Bulgarie, via Sofia et Ruse où nous traverserons le Danube pour rejoindre Bucarest. nous traverserons la plaine roumaine (Alexandria, Craiova, Dobreta-Turnu-Severin et, très partiellement, les Portes de Fer), puis nous remonterons vers Timisoara, via Caransebes, avec un retour à Bucarest. 18 jours à pédaler.

Nous avons retrouvé la Serbie, toujours aussi rude pour des cyclistes : une première nuit dans une auberge "rustique", puis à Belgrade dont on cherche encore le centre-ville, un immense embouteillage le matin pour en sortir : même le pompiste en plein centre était incapable de nous donner la direction de Smederevo. La route vers cette ville est sale. J'ai revu le motel où je m'étais fait jeter dehors par le tenancier pour un motif que je n'ai jamais su : il est maintenant fermé et envahi par les mauvaises herbes. Puis, à mi-route de Nis, un drôle d'hôtel, très grand et où il n'y a personne mais une obsession sur la sécurité. On ne s'arrêtera pas à Nis, mais à Pirot où Michelin exploite une filiale au nom de Tiger dont les salaires remonte nettement le niveau de vie local

Après la frontière, nous roulons sur une 4 voies toute neuve, suivie par une autoroute (!!!oui, oui) jusque Sofia où je réalise mon premier objet de ce voyage : revisiter la cathédrale Alexandre Nevski. En effet, je l'avais déjà vue il a de nombreuses années (1980 ?), quand le pays était encore sous le joug soviétique. Le lendemain, vu l'état de la route qu'on empruntait à un moment, après un bref regard sans paroles, nous avons pris une bretelle d'autoroute et roulé sous une pluie intense pendant de nombreux kilomètres...nous avons été rattrapés par la police juste au moment où nous avions décidé de sortir de l'autoroute : grondés comme des enfants pris la main dans le pot de confiture ! La traversée du plateau central de la Bulgarie est, elle aussi, rude. C'est Dimanche de Pâques et le seul hôtel d'un gros bourg où on s'arrête est fermé, sans doute définitivement, et pas un seul restaurant ouvert. Sauvés par le gong, des passants nous trouvent une chambre à louer.

Ruse est une ville tranquille et le passage du Danube se fait par un pont précédé, de chaque bord, par deux immenses monuments, à la soviétique, impressionnants, faits de colonnes grecques "à la gloire des travailleurs" qui ont contribué à sa construction. A Bucarest, nous logeons dans un hôtel discret, très bien meublé à l'ancienne, au troisième étage dans une chambre immense avec trois lits, un salon/ bibliothèque et une ancienne cache, au cas où l'apparatchik aurait en quelques ennuis policiers. la ville est traversée de grandes avenues où les voitures roulent à grande vitesse. Je vais "voir" l'immense" Parlement construit sous Ceaucescu et le mot "immense"est relativement modéré pour le rendu réel : visite que j'avais aussi programmée avant mon départ. La route qui nous emmène vers Dobreta traverse une plaine avec des champs de céréales et de colza sans limites jusque l'horizon.

Dobreta finit le passage du Danube dans les "Portes de Fer", enclavée entre le massif de Carpates et celui des Balkans sur une distance de plus de cent kilomètres et est située en Roumanie; l'autre rive est en Serbie. C'est le dernier lieu que je souhaitais voir, en ayant déjà entendu parlé avant que je parte pour Jérusalem. Les cyclistes qui l'ont traversé, via l'eurovélo6,  en "parlent" comme d'un passage mythique.

La route de petite montagne qui rejoint Timisoara est envahie par les camions et est restée à deux voies  c'est dangereux. Là, entre autres, j'ai apprécié l'assistance électrique pour le passage d'une vallée à une autre. Mais, le fait de faire plus de 120 kilomètres par jour est aussi fatigant que rouler avec un vélo musculaire sur une distance de 80/0 kilomètres : ce n'est, bien sûr, que mon avis.

On retrouve la Hongrie et Budapest.  

J'espère tirer de ce voyage un récit plus élaboré dans un futur livre (TRO5), mais j'ai encore besoin de matière et donc d'un nouveau voyage

J'ai oublié de préciser qu'Alain et moi totalisions alors 160 ans à nous deux et moi 76...


dimanche 8 septembre 2024



 Comme promis, mon dernier livre, "un périple en Ibérie" est maintenant paru  et disponible dans mon propre stock et sur le site "Jacques Flament Editions".

mon tel : 0777754530  (laisser un message en cas d'absence) ou loic.jubin@gmail.com

vendredi 9 août 2024

 Et maintenant TRO4 ou UN PERIPLE EN IBERIE , en trois épisodes, à trois moments et  avec trois vélos différents.

Premier épisode :Pour ceux qui ont déjà lu TRO2, ils retrouveront le premier épisode réalisé en 2017 raccourci à sa partie espagnole : un Nantes/Séville 2000km en solo , sous la canicule pour la partie française et un peu dans l'ennui à pédaler sur la N630 ou "ruta de la plata" qui longe l'autoroute pour la partie espagnole après Zamora; mais ce dernier était rompu par les belles ville qui la ponctuent, comme Salamanque, Caceres et Merida.

J'avais pris le bus un peu avant Séville et rejoint Essaouira par les mêmes moyens de transport, aperçu la porte du paradis, heureusement fermée, lors d'un accident de bus qui, lancé à plus de 100km/h après avoir traversé un terre-plein central et cassé un poteau électrique, a terminé sa course dans les champs...en restant sur ses quatre roues, sans prendre feu et sans électrifier ses passagers, moi y compris. mon vélo m'a été volé à Nantes à son retour par camion !

Deuxième épisode : Lisbonne/Alméria en 2023 en solo,1000km. La partie portugaise fut très agréable. Dans la plaine du Guadalquivir juste avant Jerez de la Frontera, une crevaison et une roue mal ajustée au niveau du dérailleur m'ont compliqué la vie par des craquements intempestifs, malgré une réparation chez un artisan. Pour couronner cet inconvénient, arrivé à Algéciras et voulant prendre un bus pour me rendre à Marbella, j'ai dû y renoncer car devant ensacher mon vélo. Dans ces conditions et anticipant une traversée d'un région appelée "deserto", j'ai décidé de m'arrêter à Alméria et de rentrer à la maison...me promettant à moi-même toutefois de boucler mon parcours un jour.

Troisième épisode : Alicante/Arradon, en Avril 2024, 2000 km, réalisé en solo dans sa totalité sans incident majeur, mais avec des péripéties invraisemblables et beaucoup de plaisir.

Voilà, j'ai mis tout cela dans un quatrième livre qui est maintenant imprimé et est en dépôt chez Jacques Flament Editions...mais Jacques, devenu entretemps un ami, vient de décéder le 5 Août dernier d'une longue maladie et je ne sais pas à ce jour quand je pourrai récupérer les exemplaires commandés; nous avions pourtant prévu d'écrire TRO5 à quatre mains en passant par Olympie...il a rejoint le paradis des poètes et je ne pourrai pas le remercier pour tout ce qu'il a fait pour moi, lui sans qui ces livres n'existeraient pas.

je ferai un petit message sur ce site pour avertir ceux qui souhaiteraient se le procurer.

dimanche 28 mai 2023

 TRO3 UN VOYAGE AU CENTRE DE L'EUROPE

 

Après TRO, mon premier livre racontant  un aller de Nantes à Jérusalem par le Danube/un retour d'Athènes par l'Albanie, le Monténégro, la Croatie, la Slovénie et L'Italie du Nord à vélo et en solo (300 pages, format 24x16), et après TRO2, mon second livre racontant, plusieurs voyages à vélo dont : un aller de Bretagne jusque Tallinn par la Pologne en duo, un retour de Stockholm par le Danemark en solo, un aller Séville en solo et un grand tour de Bretagne en solo (300 pages au format 20x13),...

voici TRO3 qui raconte :

un périple au centre de l'Europe, départ de Colmar par Régensburg, Prague, Olomuc, Cracovie, Budapest, le lac Balaton, Zagreb, Ljubljana, Innsbruck, le lac de Constance, Freiburg, et retour à Colmar, réalisé en duo en Mai/Juin 2022, préfacé par Alain Glon, mon compagnon de voyage, le tout illustré de ma main par cinquante aquarelles.(200 pages au format 20x13)

-    un florilège d'une trentaine d' instants d'émotion vécus au travers les 20000km précédents.

Ces trois livres ont été publiés aux Editions Jacques Flament, où vous pouvez les commander via internet. Mais vous pouvez aussi vous adresser à votre libraire préféré, ou à moi au 0777754530 ou loic.jubin@gmail.com




dimanche 8 janvier 2023

un tour, un périple enEurope Centrale du 21 Ma22 Mai/18 Juin 2022: Colmar, Regensburg Prague, Olomouc, Cracovie, Budapest, lac Balaton, Zagreb, Ljubljana, Innsbruck, lac de Constance, Freiburg, Colmarrg

 Après avoir été reporté pour cause Covid, on va enfin partir, Alain et moi, réaliser un autre rêve. J'avais imaginé de le réaliser seul plusieurs mois auparavant, attendant jour après jour, que les frontières s'ouvrent les unes après les autres; mais la Tchéquie restait fermée, la Hongrie également. La Pologne , l'Allemagne et l'Autriche s'ouvraient à nouveau aux touristes mais avec des conditions d'entrée contraignantes : seulement pour des voyages professionnels, pré-inscriptions, etc...j'avais même à un moment  inversé mon parcours pour passer par l'Autriche, la Croatie, Bratislava, la Pologne et l'Allemagne du Nord, mon vélo était prêt, je n'avais plus que le billet de train à acheter pour me rendre à Mulhouse ou Strasbourg. En effet, je ne voulais pas refaire le parcours "la Loire à vélo" et les canaux jusqu'au Rhin déjà effectué quelques années auparavant pour aller à Jérusalem.

Une dernière vérification avant de me lancer : je téléphone à l'auberge de jeunesse de Khel, utilisant fréquemment ce type de logement. mon interlocutrice très désolée m'annonce  qu'au mieux, les hôtels et auberges de jeunesse ne pourraient ouvrir qu'à la fin de l'été. Je ne partirai donc pas cette année!

Octobre 2021 : je fête mes 70 ans avec deux ans de retard. Alain et son épouse est de la partie et juste avant de nous quitter, il me demande si j'ai un projet de voyage. Bien sûr, en Avril/Mai prochains, mais rien n'est encore fixé.

En février ou Mars 2022, je reçois un SMS, non signé : "on part quand ? on va où ?"...Alain était de retour.On fixe la date de départ et le parcours : départ de Strasbourg ou de Mulhouse, direction Regensburg par le Rhin et le Danube, puis Prague, Pardubice, Olomouc, Ostrava, Cracovie, Budapest, lac Balaton, Zagreb, Ljubljana (transfert par tunnels ferroviaires à Villach, à Bad Gastein), Innsbruck, le lac de Constance et retour au point de départ.Il y a eu quelques changements en cours.

Finalement, on partira de Colmar le 22 Mai pour traverser la Forêt Noire : les deux premières étapes furent difficiles : beaucoup de transpiration pour atteindre Titisee, deux rayons cassés, des orages violents. Puis, le chemin le long du Danube jusque Regensburg. Pilsen, Prague. Prague/Olomouc : très vallonné ! très vallonnée aussi, le chemin pour rejoindre Cracovie

Que ne nous avait-on dit avant de partir ?  S'il y avait un pays où il ne fallait pas aller, c'était bien la Pologne, aussi près de l'Ukraine ! vous êtes un peu fous ! pas un seul exilé apparent dans cette ville où pourtant une foule déambulait dans le centre historique.

Alain avait des obligations professionnelles à respecter courant Juin, il nous a fallu raccourcir notre trajet vélo : on prend le train à Cracovie pour nous rendre à Budapest ou...une journée de repos. Moment fort d'émotion : nos voisines dans le wagon sont trois immigrées ukrainiennes, la grand mère, la fille et la petite fille. mais c'est grâce au serre-cheveux de la petite que je me rend compte de leur nationalité, car il est serti de deux papillons aux couleurs de l'Ukraine.

Rapide promenade à pied tôt le long du Danube et on repars en direction du lac Balaton : sa couleur est jolie mais ses abords sont pollués par de très nombreuses construction de villas alors encore vides. drôle de moment dans un hôtel où nous avons l'impression d'être constamment suivi pas l'hôtelier, sans doute un ancien apparatchick encore persuadé d'être utile à la police et la poche pleine de billets de banque, mais, finalement, beaucoup dans l'esbroufe et peu courageux!

Puis Zagreb et son centre ville riquiqui et des avenues interminables pour y parvenir, l'entrée en Slovénie. Quel écart entre la Croatie et la Slovénie ! cette dernière est propre, écolo comme sa capitale, très belle. A Ljuljana, on prend le train jusque Innsbrück. Reprise du vélo  jusque Donauworth, via  le lac de Constance. Puis train jusque Freiburg  et denière étape à vélo jusque Colmar. Nous sommes le 18 Juin et 3000 kilomètres à vélo.

 

jeudi 16 juillet 2020

LE TOUR DE LA BOURGOGNE
du 5 au 11 juillet 2020 750 km
les étapes :
-Decize - Cormery                       110km
-Cormery - Auxerre                     100km                  
- Auxerre -Nuits                           120km
-Nuits  - Châteauneuf en Auxois    90km
-Châteauneuf en Auxois - Dijon     60km
-Dijon - Santenay                            80km
-Santenay - Decize                       190km
Contrarié par la covid19 qui m'a obligé à reporter un projet plus ambitieux à travers l'Europe centrale (Mulhouse-Régensbourg-Prague-Cracovie-Budapest-Zagreb-Lubliana-Autriche-Mulhouse), j'ai contacté Alain, mon compagnon de route vers Tallinn et nous avons convenu de faire de ce tour de la Bourgogne par les canaux, une grande respiration, qui nous a fait quitter ce manque d'ambiance, ces contraintes et ces informations désespérantes.
Arrivés à Decize en voiture le samedi soir,le Dimanche matin, nous avons immédiatement emprunté le canal du Nivernais  qui, avec l'Yonne, nous a amenés jusque Migennes en un peu plus de deux étapes.Dès le 15ème km, loin de tout, un pneu du vélo d'Alain déjantait. C'est pas évident de trouver un pneu de rechange dans ces conditions...mais il a fini par en dénicher un chez un particulier, et tout ça avec en plus deux chambres à air ...à plat!
Juste avant Cormery, quinze ou seize écluses à la suite, voire un peu plus,  pour passer du seuil versant de la Loire à celui de la Seine. Cormery, 1500habitants et beaucoup de maisons vides ; Auxerre, très belle ville pleine d'histoire. Le chemin vers Migennes n'est pas très bon, après l'enrobé qu'on a pratiqué jusque là.
Le canal de Bourgogne prend le relais : on roule jusque Tonnerre, mais c'est midi et, après déjeuner, on prolonge l'étape jusque Ravières : c'est petit bourg qui se meurt, dixit ses habitants; il reste une petite boulangerie et une aussi petite épicerie, mais rien pour se loger, pas même un café pour se désaltérer. On trouve une maison d'hôte...en travaux, puis une seconde nettement plus luxueuse ; mais on y pique-nique. Le lendemain, le chemin  de halage est roulant et on s'arrêtera à Châteauneuf en Auxois : petit bourg magnifique en hauteur (500m)...avec son château et son Logis de France pour nous accueillir.
Dijon, petite étape et canicule : difficile de visiter le centre ville, sauf en longeant les murs à l'ombre : le magnifique palais des ducs de Bourgogne ( le téméraire, le bon et le sans peur...on retrouvera le hardi le lendemain) et la cathédrale Saint Bénigne.
Moments magiques que cette voie des vignes : Pommard, Volnay, Gevray-Chambertain, Vougeot, Aloxe-Corton, Vosne-Romanée, Puligny-Montrachet...tous ces noms de crus qui nous ont fait rêver en traversant ces petits bourgs éponymes...mais c'est dûr, car il faut rester sur le coteau et s'y maintenir pour éviter la grande route; mais le paysage est magnifique. On s'arrête à Santenay, visite du château du Hardi, avec une petite dégustation.
Dernière étape, direction Decize...mais c'est encore loin...presque 200 km; le paysage est nettement moins caractéristique : c'est très facile pour pédaler car c'est plat et on bénéficie d'un vent arrière très favorable pendant 120km le long du canal du Centre (Eurovélo6) jusque Digoin. La traversée de Monceau les mines est compliquée, cette municipalité écartant les vélos du centre ville. Les kilomètres qui nous séparent alors de Decize sonr moins avenants sur de petites route de campagne, vallonnées et contre-venteuses.
j'ai maintenant plus de 19000km en 7 voyages à vélo. 

lundi 29 juin 2020

ça y est, c'est maintenant fait : TRO2 est publié et l'éditeur en a profité pour republier TRO (qui était épuisé)
n'hésitez pas à le commander, via internet, aux "Editions Jacques Flament"


samedi 20 juin 2020

Cette année, le coronavirus aura eu raison de mon projet de virée en Europe Centrale : j'avais prévu de partir de Mulhouse par l'eurovélo6 jusque Regensburg, puis prendre la direction de Prague. J'aurais poursuivi par la Pologne et, plus particulièrement, Cracovie et rejoins Budapest que je n'avais pas visité en 2012 lors de mon aller à Jérusalem. Ensuite, j'aurais pris la direction de Zagreb, puis Lubljana et serais rentré par l'Autriche et l'Allemagne.
Mais cette année sera celle de la parution de TRO2 qui relate mes voyages au long cours effectués depuis ou en sus de TRO, consacré, lui, uniquement à l'aller/retour Nantes/Jérusalem et Athènes/Nantes. TRO2, c'est un "grand tour de bretagne", un "aller Séville", un "aller Tallinn" et un "retour de Stockholm", quatre voyages totalement différents les uns des autres, avec un texte complémentaire d'Alain Glon, mon compagnon de voyage lors de l'aller Tallinn, qui raconte à sa manière, elle aussi complètement différente de la mienne, notre aller à Tallinn.
Vous pourrez ce livre TRO2, ainsi que TRO qui a été réédité à l'occasion, aux "éditions Jacques Flament" via google :  n'hésitez pas !, moi-même je retourne parfois feuilleter certaines pages et je ne m'ennuie pas !
Cependant, cette année, nous allons, Alain Glon et moi-même, quand même faire un tour de Bourgogne, une virée de 1000km pour nous maintenir en jambes et en forme!

lundi 23 décembre 2019

Stockholm/Irai (61)/Arradon (56)

Stockholm, Irai (61), Arradon (56), c'est maintenant fait !
du 3 Juin, départ en voiture d'Arradon...au 1er Juillet

Ce ne fut pas aisé d'aller jusque Stockholm : parti d'Arradon en voiture avec un ami jusque Harderwijk en Hollande, mais aussi avec un mal de dent.Cela m'a valu une visite aux urgences de l'hôpital de cette ville et une visite inopinée chez un dentiste local.
Le bus que j'ai pris dans la banlieue d'Amsterdam passait aussi par Berlin...ce qui ne constituait pas une véritable ligne droite pour rejoindre Stockholm, atteint au terme d'une trentaine d'heures !
Ce coup-ci je m'étais équipé d'un téléphone portable que je pouvais connecter à un GPS, indépendant d'internet et, heureuse idée juste avant de partir, d'une batterie d'appoint grâce à laquelle, il pouvait rester allumé toute la journée. Tout cet attirail moderne m'a permis de sortir de Stockholm par des itinéraires vélo sans trop de difficulté.
parcours et étapes :
Trosa S
Norrkoping S
Mjolby S
Huskvarna S
Vanarmo S
Stromnasbruck S
Helsingor S
Copenhague D
Vordinborg D
Burg am Fehrman A
Kiel A
Heide A
Stade A
Worpspede A
Thusfelde A
Meppen A
Hardewijk H
Rotterdam H
Veere H
Oostduikerke B
Boulogne
Eu
Rouen
Irai (61)

J'ai régulièrement logé dans des auberges de jeunesse tout au long de mon parcours, plus ou moins luxueuses, plus ou moins accueillantes, plus ou moins chères, sauf au Danemark où elles étaient toutes complètes.
J'ai trouvé des pistes cyclables partout en Allemagne, Hollande et Belgique, des pays "vallonnés" en Suède et en France, mais tout le reste s'est effectué en "plats pays". j'ai traversé la Hollande et les dunes belges avec un fort vent arrière et par beau temps et quelques orages ont agrémenté la succession des jours. Je me suis arrêté de pédaler à Irai chez des amis normands...d'où j'étais parti pour aller à Tallinn et boucler ainsi ce périple.
Depuis, j'essaye de mettre par écrit ces différents voyages : le tour de la Bretagne, un aller à Séville, un aller Tallinn et ce retour de Stockholm...et, peut être un nouveau périple, encore en réflexion.
Départ Mulhouse, Regensburg, Prague, Cracovie, Budapest, Zagreb, Lubjliana, et retour Mulhouse par l'Autriche et l'Allemagne, avec peut-être, l'eurovélo 6 en mode retour à Nantes.
à suivre donc...

vendredi 17 mai 2019

 après l'aller Arradon/Tallinn en 2017,

 le retour, Stockholm/Arradon (56) à vélo

Arradon, le 17 Mai 2019
Dans une quinzaine de jours (le 7 Juin), je vais repartir pour un nouveau voyage au long cours à vélo ; j'ai, comme pour un bateau, "armé" la bicyclette, regroupé l'essentiel qui je vais amener avec moi. Je pars faire "le retour de Tallinn" pour boucler le périple (Tro, en breton) que je m'étais promis de faire il y a maintenant déjà trois ans.
Je vais en fait démarrer de Stockholm pour revenir à Arradon dans le Morbihan, en passant à travers la Suède, puis en traverser le Danemark, l'Allemagne de l'Ouest, la Hollande, la Belgique et une grande partie ouest de la France. Un ami va me conduire jusque Amsterdam, puis je prendrai un bus pour rejoindre Stockholm...en passant par Berlin!
Je n'avais pas vraiment fait de vélo depuis mon aller à Séville en 2017, et pour cause, un marocain me l'avait volé à Nantes dans des conditions que je n'ai jamais réussi à éclaicir. J'ai mis du temps à en racheter un autre. Je termine donc mon entraînement qui, je l'espère, sera suffisant et j'ai balisé globalement mon parcours en essayant de le ponctuer le plus possible par des auberges de jeunesse. 
J'espère aussi que cela se passera bien, sans doute de façon différente qu celle imaginée par moi jusqu'ici.
Je n'ai pas réussi à calculer le nombre exact de kilomètres, mais ce parcours devrait dépasser les 2500 Kilimètres et rester inférieur à 3000. 
ah! deux autres détails ! : je pars seul sauf avis contraire de dernière heure et je devrais normalement fêter mes soixante dix ans à vélo.
à bientôt pour de nouvelles  z'aventures.
Loïc

lundi 4 février 2019

Nantes Séville Rabat Essaouira

le Nantes Rabat à vélo s'est finalement transformé en un Nantes Séville à vélo et le reste en bus jusque Essaouira. Je suis parti le premier  jour d'une canicule qui m'a suivie jusqu'à ce que je casse le cable du dérailleur un peu avant d'arriver à Léon et après un bon coup de soleil la veille pour n'avoir pas bu assez d'eau. Finalement la traversée des Landes, même si elle effectuée sur une piste cyclable loin des routes, m'a été très difficilement supportable, voire très dure ; en effet, cette piste présente régulièrement des côtes courtes et abruptes, qui fatiguent beaucoup et m'ont mis à l'épreuve. Peut-être cette casse de cable arrivait-elle au bon moment.
Un ami est venu me chercher et j'ai pu passer deux jours de repos dans le pays basque avant de me remettre en selle et poursuivre mon chemin ; le jour du départ, le temps était très mauvais et il m'a fait passer une partie des Pyrénées et m'a déposé à Tolosa.
Après une nuit dans une auberge pour voyageurs en route vers Compostelle avec un ciel de traine agréable. En fait, j'ai traversé le pays basque espagnol, encore escarpé avec un passage de col pour me remettre en jambes. Vitoria, Miranda del Ebre et Burgos. Une quarantaine de kilomètres sur le chemin de Compostelle, une nuit dans une auberge municipale pour marcheurs et je prends alors la direction de Zamora pour suivre la ruta de la plata, ou route de l'argent, jusque Séville, via Salamanque, Béjar, Caceres et Zadar. Cette route suit maintenant l'autoroute proche ou l'inverse et, hormis les villes citées, n'offre guère d'attrait touristique et devient rapidement très monotone.
Finalement arrivé à Séville, je décide de prendre le bus jusque Algésiras- Tarifa, de traverser le détroit de Gibraltar jusque Tanger, reprendre un bus jusque Rabat et, après un changement de compagnie de bus, me rendre à Essaouira.
Tout se passait bien, parfois un peu longuement. Nous sommes en plein ramadan, le chauffeur devait, comme moi, être un peu fatigué de n'avoir que peu bu et s'être un peu sustenté à la tombée de nuit.A 20 Km d'Essaouira, mon but final,  le bus roulait alors à 100kmh, quand un bruit de canon nous réveille brusquement et le bus s'en va finir sa route dans le broussailles, passant sur un terre-plein en béton et cassant un poteau électrique au passage : ces quelques secondes sont extrêmement longues jusqu'à ce que le bus s'immobilise, sans s'être couché ou retourné, sans avoir pris feu et sans avoir électrocuté des passagers.
Plus de peur que de mal, je récupère mes bagages et mon vélo en bon état mais couverts de poussière, aidé par un autre cycliste qui maintient la porte de la soute à bout de bras.On vient me chercher d'Essaouira où je passerai une semaine en compagnie de mon neveu qui y habite et va ouvrir un riad.

Ce court récit, remodelé et complété, fera partie au titre de voyage intermédiaire, en attendant celui que je projette, à savoir Stockholm Arradon en 2019;  ce dernier constituera avec l'aller jusque Tallinn un TRO2, ou périple ou aller-retour. TRO1 est maintenant paru depuis plusieurs mois et regroupe l'aller et le retour Nantes-Jérusalem-Nantes.

samedi 13 mai 2017

en route vers Rabat

Cà y est, je suis presque fin prêt pour aller vers Rabat, départ prévu le 22 mai à l'aube , arrivée le : "on verra !" : fin prêt, c'est un peu exagéré quand même.
Pourquoi Rabat cette fois, après Tallinn et, encore avant, après Jérusalem ? d'aucuns diraient "pour croiser l'Europe d'Ouest en Est, de Nantes à Antalya (à supposer que le Turquie en fasse ou en fera partie) et du Nord au Sud, de Tallinn à Gibraltar. Cela pourrait être vraisemblable, mais plus simplement c'est pour rendre visite à mon neveu qui fait actuellement construire un riad de 6 chambres à Essaouira, à qui je l'avais promis.
J'avais prévu d'aller jusqu'à Essaouira à vélo, mais il m'en a dissuadé, tant la traversée de Casablanca me serait mortifère, surtout pour un cycliste : ce serait, paraît-il, l'hubris du risque routier (sans doute un comme l'entrée dans Istamboul pour ceux qui auraient lu "j'ai amarré mon vélo à une étoile".
Cette fois je pars seul et emprunterai en Espagne le chemin de Compostelle, à contresens, qui remonte de Séville jusque Leon ; pour le reste, je n'en sais rien encore.
Je prendrai donc le bus pour rejoindre Essaouira et, si tout va encore bien alors après quelques jours de repos, , reprendrai le bus jusque Tortosa ( embouchure de l'Ebre), suivrai ce fleuve jusque Tudela, via Saragosse, pour me diriger vers Pampelune et reprendre le chemin vers Nantes par la vélodyssée.
Voilà pour l'instant le projet.
Pour la suite et dans le même sujet, le livre "TRO" avance , tro parce que "tour" ou "périple" en breton : l'éditeur est en train de le lire actuellement et, s'il donne son feu vert, il devrait être publié au 3 ème trimestre . Il comprendra l'aller et le retour, de Nantes à Jérusalem (en fait Antalya)  par la Loire , le Rhin et le Danube, la Macédoine, la Grèce du Nord et la Turquie et le retour de Jérusalem ( en fait Athènes) à Nantes, par l'Albanie, le Monténégro, la Croatie, la Slovénie et l'Italie. Peut-être suis-je premier à avoir une tel "tro", quelqu'un m'ayant dit un jour que ce récit resterait "intemporel".
Et si vous avez un petit moment, venez me voir fin Août du 21 au 27 salle du Souvenir au centre bourg d'Arradon quelques aquarelles "étonnantes et insolites" que j'y expose : je vous raconterai mon dernier voyage à vélo !
à bientôt

vendredi 15 juillet 2016

nos aventures vers TALLIN








 1-TALLIN, capitale de l'Estonie, est un gros bourg médiéval et hanséatique, classé au patrimoine mondial, avec ses maisons et tours à toits rouges, son ambre... C'est aussi les départs et arrivées  d'immenses ferries qui desservent les ports de la mer baltique, principalement Helsinki à 60 kilomètres par bateau et Stockholm à une nuit de bateau.
Alors pourquoi aller à vélo de Bretagne à Tallin ? Aller à Jérusalem pouvait se comprendre ou être un début de réponse au "Pourquoi aller à Jérusalem", d'autres l'avaient fait auparavant avec des buts divers.   Revenir de Jérusalem en partant d'Athènes était pour moi tenir ma propre parole.

Franchement, dans le genre absurde et inutile, la destination de Tallin relève du bouquet ou du comble ! Ils sont peu nombreux ceux qui savent situer cette capitale et ce pays sur une carte, un peu plus ceux qui peuvent citer au moins un des trois pays baltes, quant à les mettre dans l'ordre avec chacun sa capitale...Et ne parlons pas de "Kaliningrad", enclave russe totalement inconnue et qui les côtoie : on en fera le tour à vélo, car sa traversée nécessitait l'établissement de visas. C'est tentant de dire : "On s'y perd avec ces questions de géographie, retournons donc à notre quotidien".

Hé bien, non ! Alors pourquoi aller à Tallin ? Je vais tout de suite vous rassurer, c'est bien sûr pour l'absurdité et l'inutilité ! Au-delà cependant, c'est un projet qu'on a mis en oeuvre, Alain et moi, qui avons quitté notre quotidien, à la recherche de petits bonheurs ou des pépites quand le vent (et il y en a sur les bords de la Baltique), la pluie, les orages, les camions et , parfois, les gens,  vous ont contrarié toute la journée : des chants d'enfants qui accompagnent votre dîner ou un coucher de soleil dans un paysage plein de sérénité, le plaisir d'avoir atteint le but fixé; c'est une manière de se surpasser, sans en faire nullement un challenge, c'est découvrir des pays nouveaux qui se remuent comme la Pologne, c'est commencer chaque matin une nouvelle journée en ouvrant une pochette surprise, c'est tout simplement découvrir le monde et ses habitants, c'est l'aventure au quotidien au moyen de ses seuls moyens physiques, c'est un peu tout cela et encore plus, c'est avoir des souvenirs plutôt que des regrets, c'est mettre du romantisme dans notre vie... Et il y a encore plein d'autres motifs, mais c'est difficile à exprimer, car ils ne sont pas "objectifs": nous n'avions aucune raison objective particulière pour nous rendre à Tallin.

Nous avons été fous, c'est sûr; de mon côté, je n'avais fait que trois sorties à vélo pour me préparer : 40, 60 et 90 kilomètres sans m'arrêter. Je courais chaque semaine 1h1/4. Je maintiens donc qu'il est possible à tout un chacun, s'il est en bonne santé, de décrocher son vélo et de partir ainsi sur les routes, d'autant que l'effort, le froid, la pluie et le vent nous maintiennent en bonne santé.

Dans l'ex- Allemagne de l'Est des affiches nous ont interpellés et répondent par des questions à la question ci-dessus, pourquoi aller à Tallin ? :  "WHAT'S YOUR NEXT MOVE ? you decide"  : c'était donc Tallin et "WILL YOU GO YOUR OWN WAY ? you decide" : je donnerai le chemin parcouru juste après. Les affiches, c'était, je crois, pour réveiller ce pays, pour l'amener à se bouger...




nos aventures vers Tallin





Avant de rentrer dans le sujet qui nous intéresse, je voudrais cependant faire deux ou trois remarques préalables :
- j'avais des ambitions bien plus vastes avant le départ : je voulais aussi faire le retour par le sud de la Suède, le Danemark, l'Allemagne du Nord et retrouver le chemin de l'aller. Ces ambitions ont été progressivement rognées par le chemin, la pluie et le vent et parce que je m'étais bêtement trompé sur les distances à parcourir, ne serait-ce que pour l'aller simple que j'avais estimé à 2400 kilomètres : il a fallu rajouter 1000 de plus ! En fait, ce fut notre parcours du retour, bouclé en voiture en moins de 24 heures !
- les villes et les routes changent de dimension, surtout dans les pays en plein développement économique et qui ne disposent pas, comme la France, d'un réseau routier très diversifié. J'exclue de cette réflexion la Hollande, l'Allemagne et la Belgique où il sera toujours agréable de s'y promener à vélo, parce que les gens de ces pays ont cela dans leurs gènes. Dans les autres pays que nous avons traversés, les petites villes sont devenues grandes, les petites routes se sont élargies et les grandes routes ressemblent à des autoroutes, fréquentées par de nombreuses voitures et autant de camions! Je crois qu'il sera de plus en plus difficile d'effectuer un voyage tel que celui que nous venons de faire, sauf à emprunter les quelques chemins balisés pour les vélos tels que les "eurovélos", exigeant des distances plus longues pour éviter les inconvénients cités, mais, sans doute, plus jolis et plus touristiques.
- la technologie de l'information change les comportements : le téléphone avec internet incorporé, les capteurs solaires sur le porte-bagages arrière ( nous avons rencontré un cycliste ainsi équipé) qui le chargent permet un meilleur guidage pour sortir ou entrer dans une ville, pour trouver un logement, une station service pour se restaurer. Cette technologie vient compenser les cartes papier classiques (bien que parfois...! elles soient bien utiles), mais surtout la méconnaissance par les locaux des lieux où ils habitent; pourquoi d'ailleurs "savoir", puisque le téléphone peut leur donner le renseignement.

Ceci dit, mes ambitions étant rognées, cette aventure fut complètement différente des deux précédentes, car cette fois, nous partions à deux et avec deux vélos différents. Je ne connaissais pas vraiment mon camarade d'équipée, sauf pour l'avoir rencontré et un peu côtoyé en d'autres lieux où on parle plus d'économie que de vélo : j'ai alors apprécié sa détermination, son courage, sa confiance en l'avenir, sa vision du monde et bien d'autres qualités qui pouvaient se cacher derrière cette forte personnalité et qui nous ont bien servi pendant l'aventure pour avancer. Mais de là à le vivre au quotidien et parfois dans une certaine intimité, toute relative par ailleurs, on devait faire un grand pas chacun... Cela s'est fait naturellement : la volonté d'aboutir, la bonne volonté tout court, une certaine complémentarité qui est devenue rapidement une complémentarité certaine, l'humour sur soi et autres caractéristiques ont fait que la mayonnaise a pris, que l'attelage a fonctionné, très bien fonctionné. C'était cependant un risque non évalué au départ. 
Mon vélo est toujours le même : cette fois je ne l'ai pas fait parler comme dans mon livre ( le même titre que le blog), puisque j'avais un interlocuteur permanent à mes côtés. Alain, lui, roulait avec un vélo à assistance électrique originale : il roulait bien sûr plus vite que moi, surtout dans les côtes, et devait régulièrement m'attendre, lui laissant ainsi le loisir de répondre aux nombreuses sollicitations de ses amis.

J'aurais dû mettre à jour le blog régulièrement, mais je n'en ai eu que rarement la possibilité : ce long texte remplace ce manque. Pour le compléter, cher lecteur, vous pouvez aussi aller sur le blog d'Alain :
 http//: alainglonavelo-overblog

Voilà le décor posé le 13 Juin, jour de mon départ d'Irai dans l'Orne où je fêtais les soixante-dix ans d'un ami et où Alain m'avait rejoint la veille, arrivant, lui, du Morbihan à vélo, les pays traversés, quelques chiffres et les étapes du parcours 
- Belgique, Hollande, ex Allemagne de l'Ouest, ex- Allemagne de l'Est, Pologne, Lituanie, Lettonie et Estonie
- 3033 kilomètres pour moi, du 13 Juin au 8 Juillet, 23 jours pour la partie vélo, un jour de bus, une demi-journée en train et un peu de tourisme... 132 kilomètres par jour.
- Irai- Rouen, France, Auberge de jeunesse... et du voyageur
- Rouen - Eu/Le Tréport, France, AJ
- Eu - Boulogne, France, AJ
- Boulogne - Dixmude, Belgique, B and B
- Dixmude - Mechelen, Belgique, AJ
- Mechelen -Woert, Hollande, Hôtel
- Woert - Arnhem, Hollande, AJ
- Arnhem - Bad Bentheim, Allemagne, AJ
- Bad Bentheim - Rodinghausen, Hôtel (AJ fermée)
- Rodinghausen - Lauenburg, Allemagne, AJ
- Lauenburg - Lubeck, Allemagne, AJ
- Lubeck - Wismar, Allemagne, AJ
- Wismar - Greinswald, Allemagne, AJ
- Greimswald - Wiselka, Pologne, Habitant
- Wiselka - Mielo, Pologne, Habitant
- Mielo - Smoldzine, Pologne, Hostel
- Smoldzine - Gdynia/Gdansk, camping sauvage
- Gdansk - Orszyzs, Pologne, Hôtel, (train)
- Orszysz- Biskupiec, Pologne, Hostel
- Biskupiec - Suwalki, Pologne, Hôtel
- Suwalki - Kaunas, Lituanie, Hôtel
- Kaunas - Riga, Lettonie, Hôtel, (bus)
- Riga - Haademeeste, Estonie, Habitant
- Haademeeste - Rapla, Estonie, Hostel
- Rapla - Tallin, Estonie, Bateau
J'avais convaincu Alain que l'utilisation des auberges de jeunesse ... et du voyageur pouvaient convenir à des voyageurs comme nous, avec parfois ses inconvénients (dortoir) mais aussi ses avantages en matière de prix, de lit, de petit-déjeuner et, parfois, de repas du soir, notamment en Allemagne...à condition d'arriver bien avant 18 heures, ce qui n'était pas toujours notre cas. Une "Hostel" est un logement qui ressemble à une auberge de jeunesse avec aussi ses lits à étage en dortoir, sans en porter le nom, avec en sus un lit "fait" et des serviettes de toilette, mais un accueil limité au minimum, juste le temps d'enregistrer et de payer.

Dans ce qui va suivre, je ne vais pas faire un compte-rendu in extenso du voyage, mais je relate quelques moments "forts" et quelques anecdotes qui ont ponctué notre voyage.

nos aventures vers Tallin


- la côte de Rouen : notre première étape vers Rouen fut très agréable sur de petites routes en forêt. La sortie de cette ville fut plus sportive. Je ne connais pas la côte de Cadoudal, mais cette sortie doit lui ressembler : très dure, très très dure, longue au point de devoir m'arrêter plusieurs fois pour reprendre mon souffle malgré l'utilisation des capacités maximum du pédalier et du dérailleur (5 à 6 km/h). une mise en bouche.

- les crevaisons : elles furent nombreuses concernant le vélo d'Alain ; pour le mien, malgré deux chutes, je n'ai aucun incident à signaler. C'est dans la baie de Somme que tout à commencé sur la piste cyclable au moment des dévers en béton ou des petites dénivellations qui marquent les ponts et les nombreux trottoirs qu'il nous faudra emprunter lorsque la piste cyclable croise une route . Un jour, après une crevaison, après avoir changé successivement trois chambres à air neuves qui ne voulaient pas se laisser gonfler malgré l'énergie qu'y mettait Alain à le faire et croyant les avoir esquintées avec les cuillers, je vérifie finalement la provenance de celles-ci : malgré le nom d'une marque italienne connue, elles arrivaient de Chine et d'Indonésie et les trois avaient des valves défaillantes! Il a fallu progressivement qu'il s'équipe en "deutsch-qualität" pour arrêter cette mauvaise série. mais la procédure de démontage du pneu arrière était parfaitement au point. D'autres achats sont venus ponctuer également notre parcours, dont celui notamment et à bon escient, d'un sèche-cheveux, négocié avec l'hôtelier qui nous logeait, et qui a largement servi ...Pour sécher chaussures et chaussettes plus tard.

- le "capotage": c'est, dit-on, avec la pluie et le vent qu'on reconnaît et qu'on devient un vrai voyageur, celui qui sent le chien mouillé, qui ne trouve plus personne pour le renseigner, dont le téléphone refuse de fonctionner justement à ce moment-là, voyageur qu'on regarde avec un air très détaché car "il va tout nous mouiller", dont on évite les questions embarrassantes qu'il pose sous la pluie. Pourtant habitué à ce type de situations l'un et l'autre, nous n'avions pas encore eu l'idée de sortir nos "capes de pluie" : c'est à l'occasion d'un passage par bac d'une rivière et d'un début de forte pluie qu'on s'est vraiment décidé à les mettre. Moi, je traînais la mienne, offerte au Vietnam et super-bien emballée, depuis Athènes (en fait je n'osais pas la déballer, craignant bêtement de ne pouvoir bien la replier !) Et Alain n'avait pas encore essayé la sienne, plus légère. Sans exagérer, non seulement c'est un vrai régal de pédaler ainsi "encapoté" sous la pluie , mais on peut rouler sous la pluie : il n'y a que les pieds qui seront mouillés, pourvu qu'il n'y ait pas de camions ou un vent trop fort pour soulever nos jupes de nylon. Je ne sais comment nous décrire réellement : des allures de grenouilles ?, de pompier américain?, qu'importe, elles nous furent bien utiles tout au long de ce voyage "très arrosé": "Alors,on capote?"



- les chutes : rien de grave au fond sinon des bleus-jaunes au bas des côtes flottantes. Deux chutes chacun : ma première, croyant qu'Alain m'avait sifflé pour m'arrêter et voulant, malgré moi et mon vélo, monter sur un trottoir; et l'autre, parce qu'un de mes lacets avait bloqué la chaîne et c'est à l'arrêt que je suis tombé, seul moyen de m'en tirer pour me délacer.

- les ondulations géographiques du Boulonnais : on nous avait averti à Boulogne "Ne passez pas par Calais, c'est la jungle et on détrousse facilement un cycliste de votre genre, toujours porteur d'un peu de monnaie sur lui". Nous avons donc évité Calais en empruntant les petites routes du Boulonnais, oubliant les côtes successives et nombreuses que nous allions rencontrer inévitablement. Complètement épuisés et rencontrant des cyclistes, à l'entrée du plat pays, ceux-ci nous ont simplement dit qu'ils ne s'y aventuraient jamais, que c'était trop dur !on allait bien mériter bien la qualité du B and B de Dixmude.

- le vol du vélo par son propriétaire : au moment de quitter ce logement de qualité, Alain ne trouve plus les clés de ses anti-vols ; il vide, re-vide ses sacs, plutôt deux fois qu'une, les renverse : point de clés. il va donc falloir scier les câbles . Le tenancier du BandB lui prête un petite scie à métaux, pas très efficace : c'est avec ardeur que le propriétaire du vélo se met à l'oeuvre, comme un voleur non-performant. Il retrouvera bien sûr plus tard les clés perdues à un endroit inattendu ...pour Alain, pourtant très organisé

nos aventures vers Tallin


- l'arrivée à Bad Bentheim en Allemagne : c'est une petite ville avec une auberge de jeunesse à une distance qui correspondait à notre parcours, même si nos ambitions fussent auparavant bien plus grandes. Avant d'y parvenir, le téléphone d'Alain nous avait guidé sur de chemins non goudronnés et, finalement, sur un sentier où passe la frontière entre l'Allemagne et la Hollande. Un peu comme des contrebandiers, on passe cette ligne imaginaire. Il se met à pleuvoir de plus en plus fort et on roule pour les derniers kilomètres sous une pluie battante : on ne connaissait pas encore la "cape". Il fait de plus en plus sombre, il tombe des cordes et on suit les indications du téléphone, qui nous mène non pas à l'auberge de jeunesse... mais devant la gare de Bad Bentheim, comme il sait le faire automatiquement. Alain corrige l'adresse vaille que vaille sous un abri à vélo, on repart, on remonte vers la ville. Le téléphone devient de plus en plus sensible à l'humidité, indique par intermittence la direction, sans être très précis. On "tourne en rond" et il faut se résoudre à interroger les autochtones : un hôtelier du centre ville à qui s'adresse Alain, nous renvoie à "perpète". Après un premier tour dans de petites rue pavées, où mon attention avait vaguement été attirée par une enseigne déjà connue, au deuxième tour, le téléphone nous y renvoie malgré tout et on repasse donc devant cette enseigne une deuxième fois et, là, je m'arrête pour lui dire "c'est ici" , les termes de l'enseigne finissant par parler à mon cerveau détrempé : JHD , mais bien sûr mon cher Watson !, JugendHerbergeDeutschland. Malgré nos allures de chiens perdus et mouillés, nous sommes accueillis avec chaleur, sandwiches préparés pour nous malgré l'heure avancée (on a largement dépassé les 18 heures réglementaires) : la tempête continue, mais des chants d'enfants vont accompagner notre dîner ! le bonheur,quoi!

- le camping sauvage : le téléphone peut tout prévoir ...sauf l'imprévisible. Nous avions passé une belle journée ensoleillée qui devait se terminer par un petit voyage en bateau du bout de la presqu'île d'Hel jusque Gdansk - regardez sur la carte la longueur de cette presqu'île toute fine comme une grande virgule, laissant place, comme celle de Quiberon, à la route, au train, à la piste cyclable et aux campings. Elle est longue de 40 kilomètres et c'est beaucoup pour des cyclistes en fin de journée, surtout les derniers kilomètres en forêt et sur une piste quasiment impraticable pour nos vélos. Arrivés à Hel, le dernier bateau pour Gdansk est déjà parti et, de toutes façons, il était plein : les habitants de Gdansk viennent passer là une journée sur les plages. Il reste un bateau pour Gdynia à 19h : Gdynia et Gdansk devaient être séparées il y a quelques années, mais aujourd'hui en série  les ports de Gdynia, la ville, les chantiers de Gdansk et la ville de Gdansk forme une métropole urbaine d'au moins 50 kilomètres sans arrêt. Une bière d'attente, une deuxième bière, encore un orage et...en bateau jusque Gdynia : une petite heure de traversée agréable.
C'est le match "Pologne/je ne sais qui" et la Pologne vient d'inscrire le premier but (il s'avèrera plus tard qu'elle sera battue aux tirs aux buts), on hurle dans les rues, il est un peu plus de 20 heures. Nous nous mettons en quête d'un hôtel un peu à l'extérieur du centre ville. Le téléphone nous guide vers un hostel, complet : le propriétaire en sort pour faire un tour à vélo et nous annonce "qu'il y a des millions de gens" en ville à l'occasion d'un concert et qu'il n'y a aucune chambre de disponible, sauf, peut-être, les grands hôtels du centre ville. "Des millions", il exagère sans doute un peu, se dit-on. Retour au centre ville où trône un grand hôtel Mercure : Alain en sort dépité, car il n'y a pas de chambre libre et qu'il n'y en aurait même pas jusque Gdansk, lui a-t-on dit à l'accueil.
Il est maintenant 22 heures, tout le monde est rivé au petit écran, et nous sommes "à la rue". Il nous reste globalement trois solutions : la gare de Gdynia, s'il y en a une, trouver un camping sur la route de Gdansk encore à 30 kilomètres ou, et c'est la solution qu'on va retenir, planter la tente que je transporte depuis des centaines de kilomètres, discrètement dans un lieu public avec un peu de verdure. On finit par en  trouver un : il y a déjà une vieille caravane dans un coin. On en cherche un autre à l'abri des regards, de la rue et des immeubles qui l'entourent, à la lisière du rideau d'arbre et du semblant de pelouse.
Je n'ai pas perdu l'habitude de monter ma tente, mais il fait déjà nuit et je tâtonne un peu, Alain n'ayant pas l'expérience ad hoc, "on ne peut pas être bon partout"!, j'arrive à la monter avec son aide, on camoufle les vélos. J'ai mon sac de couchage qui me protègera du froid pendant la nuit, car on est encore échauffé de notre parcours urbain à vélo. Alain sera obligé de se lever pendant la nuit pour s'habiller plus chaudement. Dire qu'on aura dormi dans cet espace restreint, le dos à même le sol, écoutant les bruits de la ville et les cris d'une femme qui "engueule" quelqu'un juste à côté de nous, c'est beaucoup dire, mais au moins, on se sera reposé. 
Au petit matin, aucun chien, ni aucune bête ( à Nantes, les sangliers approchent du  centre ville par la rivière la Chézine) n'est venu renifler autour de notre tente et c'est ayant mal dormi et pas lavés qu'on démonte la tente et roulons vers le centre ville historique de Gdansk.

nos aventures vers Tallin




 - j'arrête le train : dans cette journée destinée au tourisme à Gdansk, on aura quand même fait cinquante kilomètres à vélo. En effet, on a décidé de sortir de Gdansk en train et faire étape à Orszyzs avec un motif avouable : la sortie d'une mégalopole : Gdansk est en effet la deuxième concentration urbaine de la Pologne. De Gdynia à Gdansk, c'est tout droit et le premier grand bâtiment qu'on rencontre, c'est la gare de Gdansk : elle est un peu au-delà de la grande route qui la longe et de la ligne de tramway, ce qui nous oblige à passer par des couloirs souterrains et surtout des escaliers pour l'atteindre. On finira en cours de journée par trouver l'ascenseur qui nous évitera de monter et descendre les escaliers avec nos vélos. Billets achetés pour un train à 16 heures, bagages casés, promenade à pied dans le centre ville avec nos vélos : on a du temps devant nous.
Le train est annoncé quai n°2 : on est en avance, on se renseigne sur quel côté du quai, un train arrive quelques minutes avant l'heure dite et il est bien indiqué notre direction sur le wagon 14 : on monte vélos et bagages dans l'étroit couloir (opération compliquée nécessitant beaucoup d'énergie), on les cadenasse et je me rends au compartiment indiqué sur le billet; le train part;  une dame me fait comprendre qu'elle est bien à sa place au numéro de la mienne indiqué sur mon billet : les autres passagers regardent ce dernier. Catastrophe! nous sommes dans un train qui "vient" de Orszyzs. Le train vient d'arriver dans la gare suivante, mais il redémarre déjà doucement, je me précipite à la porte qui se ferme, mais je rouvre de force... Ce qui a pour effet d'arrêter immédiatement le train; le contrôleur est dans le wagon qui suit : je lui crie qu'on s'est trompé, il siffle : on descend en panique les vélos et les bagages en les jetant sur le quai, sans en oublier un seul. Ce contrôleur retourne alors la pancarte de direction du wagon !!! Sympa.
Entretemps, le train a déjà fait plusieurs kilomètres depuis la gare centrale : retour à celle-ci à vélo, renégociation des billets avec l'aide du sourire d'Alain qui remonte ainsi la file d'attente pour un autre train à 19 heures.
Ce coup-ci, on est attentif : c'est le quai à droite qui va dans la bonne direction. Un train inter-cités est annoncé quelques minutes avant l'heure dite nous laissant le temps de rentrer nos vélos ( le quai et le train sont à même niveau) : on est serrés comme des sardines; un contrôleur arrive et sourcille en lisant notre billet, mais elle ne parle que le polonais. A nouveau, nous ne sommes pas dans le bon train et une bonne âme nous dit en anglais que nous devons descendre de ce train qui ne va pas à notre destination et prendre le suivant dans la prochaine gare,... mais il ne sait pas sur quel quai il va s'arrêter. Re-panique : le train qu'on doit prendre et qui suit celui où on est, arrive déjà en gare et nous devons sortir les vélos et les bagages, monter des escaliers, prendre un couloir et en descendre d'autres pour atteindre le quai d'en face : quelqu'un nous précède gentiment, nous aide à monter les vélos et va prévenir de notre arrivée. On a pensé aussi que le contrôleur avait peut-être déjà téléphoné au chef de gare pour lui annoncer notre arrivée et nos complications. On finit par tout installer dans ce dernier train, enfin s'asseoir et rouler jusque notre destination.
Autant vous dire que lorsqu'on prendra le bus à Kaunas pour nous rendre à Riga, nous vérifierons plutôt deux fois qu'une l'endroit où nous prendrons celui-ci et là, cette fois, on ne s'est pas trompés !...mais c'était plus simple sans l'ambigüité du quai.

- la collation du midi : au départ, on avait de bonnes intentions, pour rouler, il faut manger: un sac de patates ne tient debout que s'il est rempli, dixit la voix populaire. Mais au fil du temps, ce fut plus frugal et on n'avait pas l'intention de se mettre à table tous les midis. C'est donc généralement dans les entrées des supermarchés, des supérettes et, finalement, des épiceries qu'on déjeunait de sandwiches prêts ou préparés : si des chiens nous avaient accompagnés, on nous aurait certainement éloignés de tels endroits Mais cela ressemblait plus à l'ingestion de carburant qu'à de la grande cuisine, mais nous obligeait à une véritable pause, debout ou assis sur des paniers de courses. Certains repas du soir se sont ainsi déroulés, car arrivés trop tard.

 






- les arrêts chez l'habitant : à Bistupiec, on ne trouve pas immédiatement un endroit pour loger, mais on nous indique un hostel à quelques kilomètres plus loin. Alain a négocié un petit déjeuner avec un peu de mal car l'ambiance entre le propriétaire et sa fille est un peu tendue. Au petit matin, le petit déjeuner est bien servi, mais on sent que le propriétaire "fait encore la gueule"... Quand Alain glisse les billets de banque sur la table, le sourire lui revient soudain et il se sent obligé de nous souhaiter un au-revoir appuyé sans doute sincère, mais on se pose encore la question...
                                        la cabane : cette fois, nous profitons d'une petite route entre Riga et Parnu. C'est très calme, les maisons et les jardins sont très bien entretenus et les hôtels discrets. A un moment, sur la façade de ce qui pourrait ressembler à une mairie, le logo d'un lit nous suggère de nous arrêter : l'endroit est idyllique, il fait beau et la mer est à deux pas. Je me serais bien arrêté, mais Alain est déjà loin. Il commence à se faire tard et on commence à chercher un hôtel : la tête dans le guidon, Alain ne voit pas les entrées de deux hôtels, toujours aussi discrètes. On roule vers une petite ville, mais arrivés sur place, pas de petite ville, mais un simple groupement de maisons. Il y a bien un hôtel, mais il est fermé. On interpelle un jeune homme qui se renseigne et prend sa voiture pour aller voir à quatre kilomètres plus loin si l'hôtel suivant est ouvert. A son retour, on devine vite qu'il est, lui aussi fermé, mais il nous annonce qu'un de ses voisins loue des lits. Il nous y amène... et disparait, service rendu . Les propriétaires nous accueillent et nous montrent la cabane où se trouvent les lits. On l'appelle ainsi, parce qu'elle donne l'impression d'être posée en hauteur sur pilotis. Il n'y aura pas de repas du soir, mais il y aura des pâtisseries restantes et disponibles en compensation. Un cycliste est là qui, lui, sur la route, dort dans un hamac et dispose des fameux capteurs solaires sur son vélo. Le petit déjeuner du lendemain matin effacera le manque de calories de la veille : omelette, légumes dont l'inévitable concombre, et pâtisseries. Cette anecdote, c'était juste pour dire qu'au delà parfois des difficultés ou déconvenues, il y généralement un rayon de soleil inattendu qui vient remplir notre besace de souvenirs heureux.

 

les aventures vers Tallin


- le passage de l'Elbe : Sans doute une frontière naturelle : il y a sur ses bords de larges espaces inhabités, un peu comme les bords du Danube longeant l'ex-rideau de fer. C'est un large fleuve, calme ce soir sous un splendide coucher de soleil. Par contre, les rues de Lauenburg rappellent l'Allemagne de l'Est : les pavés sont grossiers, disjoints et mal arrondis, mais ils sont de plusieurs couleurs, ce qui leur donne un certain charme malgré tout. Il est impossible d'y rouler à vélo. L'auberge a depuis longtemps fermé son restaurant : nous retournons vers le port pour dîner dans un restaurant tenu par un français. Moment un peu divin, à l'ombre de la statue du "crieur", celui qui hélait les voyageurs qui étaient de l'autre côté du fleuve...lorsque le téléphone n'existait pas.
 

- mes "trouilles" :  - on roule sur une belle route, mais il y a quelques camions qui y circulent. Alain est loin devant. J'entends derrière moi le bruit d'un camion qui s'approche et qui, visiblement, a l'intention de me doubler, bien lancé dans une courbe descendante. Mais une voiture arrive en face, il s'en rend compte un peu tard. Un énorme bruit  de coup de frein juste dans mon dos, les pneus glissent sur le macadam et je sens immédiatement l'odeur de la gomme brûlée : j'appuie immédiatement et par réflexe sur les pédales pour m'éloigner de la zone dangereuse dans la mesure de mes possibilités ; je n'ai rien vu, mais entendu et senti!
                           - sortie de Suwalki : on prend la direction de Kaunas et je fais remarquer à Alain les séries de camions à la queue leu leu et qui vont dans la même direction que nous. La bande d'arrêt d'urgence est correcte au début, mais se rétrécit progressivement au point de quasiment disparaître par endroits, remplacée par une petite zone goudronnée avec un revêtement de peinture blanche bosselée qui secoue rudement le guidon et les bras et, au centre de la route, une zone peinte en rouge qui crée un bruit infernal quand les roues des camions passent dessus pour nous doubler. Alain est plus intrépide que moi, mais cette situation me rappelle de mauvais moments en Turquie. Cela ne dure pas et nous finissons par arriver à Kaunas, non sans avoir emprunté une camionnette pour nous mener vers une route plus calme. Jean Paul et Brigitte viennent à notre rencontre et nous confirment que les routes vers Riga présentent encore de tels passages : après réflexion, demain nous irons en bus jusqu'à Riga. Pendant le trajet, j'essaye de convaincre Alain de continuer en bus : à l'hôtel, l'hôtesse nous confirme qu'il y a une piste cyclable qui va de Riga à Parnu; elle "casse ma baraque" et je dois m'incliner; mais le lendemain, je n'ai pas vu de piste cyclable, mais c'est vrai qu'il y avait de la place pour les vélos sur la bande d'arrêt d'urgence.

- chemins non identifiés sur la route : Ah ce téléphone ! Et les routes qu'ils nous propose, tant pour les marcheurs que pour les voitures! Cette fois, c'est l'option marcheur qui nous guide. Après avoir regonflé pour le nième fois la roue arrière du vélo d'Alain avec le gonfleur d'un autochtone sollicité, on hésite à prendre un chemin non goudronné...peu avenant, au demeurant. J'interpelle une dame sur le pas de la porte d'une ferme délabrée et lui demande si nous sommes dans la bonne direction : elle me fait un signe de la main, sans parler, mais le geste indique clairement que c'est "tout droit" par ce chemin. Je ne saurai jamais si c'était sincère ou si elle voulait tout simplement se débarrasser de nous. C'est un chemin de charrette, quasiment impraticable, raviné, caillouteux, glissant, encombré de branches d'arbres tombées après le dernier et récent orage. Il fait froid et humide...mais , après plusieurs kilomètres, on finit par trouver une route "normale".

- sortie de Lubeck : Ce n'est pas une mégalopole et pourtant. Malgré l'aide du téléphone, nous avons roulé toute le matinée...pour nous retrouver à un carrefour où nous sommes passés la veille avant de rentrer dans la ville. Il nous faudra revenir sur nos pas : zones industrielles, passages souterrains avec escaliers pour traverser une grande route interdite aux vélos, chemin forestier, pour enfin déboucher sur une route qu'on allait prendre en direction de...Lubeck; heureusement , une joggeuse nous remettra dans la bonne direction. Le téléphone avait encore perdu la boussole.

- les autres cyclistes rencontrés : - arrivés au centre ville d'Arnhem, après avoir passé le fameux pont ("trop loin!") avec sa casemate historique et roulé sur une digue pendant plusieurs kilomètres. Faute d'adresse indiquée, le téléphone nous a guidé vers le centre du centre ville, comme il sait le faire. On interroge des passants avec la vraie adresse de l'auberge. Une jeune fille à vélo nous aperçoit et s'arrête : elle nous propose de nous accompagner vers l'auberge : elle habite là et connaît bien la ville visiblement. Elle arrive d'un petit voyage à vélo avant de reprendre le travail demain : elle a donc un bon coup de pédale, nettement meilleur que le mien, et seul Alain arrive vraiment à la suivre, car ça monte. 
                                                   - un couple d'allemands se rend à Moscou à vélo en suivant les bandes d'arrêt d'urgence des grandes routes par sécurité. On fait route ensemble pendant quelques dizaines de kilomètres.
                                                   - On rencontre  un russe, sans doute qualifié ainsi par nous par son habillement et son équipement, et tout son barda sur son vélo, un barda antique et volumineux, tels qu'on pouvait en utiliser il y a maintenant quelques années : on rigole en le voyant passer, ... lui aussi, mais il continue tranquillement son chemin. Un passage dans un magasin de sport lui aurait réduit les volumes de moitié.

aventures jusque Tallin

l'avant dernière journée à pédaler : nous avons quitté notre "cabane" et roulons vers Parnu, dernière grande ville avant Tallin, mais avec l'intention de l'éviter en la contournant et rejoindre Rapla. Ce contournement est un peu long et Rapla est encore loin. Vers midi, on s'arrête dans une épicerie pour acheter quelques pâtisseries, car il n'y a pas de sandwiches. On roule encore un peu. Dans le village suivant, on s'arrête sous un abribus pour déjeuner et déplions la carte routière. Il y a encore 70 kilomètres à faire ! Il commence à faire froid et le moral prend un coup. On hésite. On irait bien jusque Vändra à une vingtaine de kilomètres, prendre un logement et regarder le match France/Allemagne. Alain vérifie quand même s'il y a des logements dans cette zone, car sur la carte Vändra est inscrit en gras, mais bien moins épais que celui de Rapla. " Je voudrais la liste des hôtels à proximité" , le téléphone répond  "j'en ai trouvé 15 dans votre secteur"...mais , après vérification, ils sont tous situés dans la zone de Parnu, maintenant à 30 kilomètres derrière nous.
                                                       On reprend nos vélos, mais on reste en pleine réflexion. Comble de malchance, la route est maintenant en travaux sur une dizaine de kilomètres : il n'y a plus de macadam et on roule sur des cailloux. Il commence à pleuvoir et il fait froid.Ce passage avalé, à un carrefour, il faut choisir : Vändra avec un risque de ne rien trouver pour se loger mais proche, ou Rapla à 54 kilomètres et avec fort vent de face mais avec quasiment l'assurance de trouver un logement. On choisit la deuxième solution car il n'est que 13h30, on s'arrêtera tous les 10 kilomètres pour souffler.
                                                       Contre le vent, dans une zone humide quasi désertique, on pédale, on pédale. Les quelques villages intermédiaires n'offrent aucun logement : il nous faut donc atteindre notre but. Rapla est quasiment en vue, mais il se met réellement à pleuvoir et il nous faut "capoter". Bien sûr, dans Rapla, personne ne s'arrête pour nous renseigner. Je finis par distinguer un panneau avec un lit dessus. C'est un "hostel". Le match de football est à 21h30, compte tenu du décalage horaire.  On ne le regardera pas : trop tard.                                
 "ATTENTION AUX RENNES QUI PASSENT" : eh oui !ils ont remplacé les cerfs.

dimanche 19 juin 2016

sommes arrives a arnhem au terme de cette premiere semaine, sans encombres, deux chutes, une chacun, et quelques crevaisons  temps frais, venteux et parfois trs humide avec pluie . nous roulons quand meme. demain nous entrons en allemagne pour quelques jours. 900 km pour moi et plus de 1000 pour alain et, en moyenne 120 a 130 kilometres par jour . belgique et hollande bien equipes en pistes cyclables, meme tres si on compare avec la france. journees tres longues sur la selle, mais les posterieurs tiennent
a tres bientot, je vous embrasse tous des plus petits aux plus grands
aujourd hui psse le pont d`arnhem, plus proche de nimegue d`ailleurs ! le pont du film `un pont trop loin`
kenavo et on the road again
Loic